Le pouvoir au féminin, Elisabeth Badinter
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- 27 févr. 2017
- 2 min de lecture

Pourquoi le lire ?
Pendant de nombreuses années, Élisabeth Badinter a étudié, recherché, lu et essayé de comprendre Marie-Thérèse d’Autriche. Ses qualités de femme, de mère et de roi.
Le pouvoir au féminin est le résultat extrêmement bien documenté d’une plume fine et fluide qui tente de nous expliquer en quelque 300 pages la personnalité complexe d’une femme amoureuse de son mari, d’une mère bienveillante et d’une reine au pouvoir absolu. Jusqu’à sa mort.
On en apprend, des choses ?
Le livre d’Élisabeth Badinter propose une incroyable immersion à la (re)découverte du 18e siècle, siècle des recompositions politiques. Des royaumes déclinants à l’affirmation de certains autres, Le pouvoir au féminin nous amène au cœur du royaume des Habsbourg et de ses multiples combats pour faire perdurer son autorité européenne.
Ce livre est évidemment un livre d’Histoire. Mais non seulement ce livre est thématique, puisqu’il se consacre presque exclusivement aux héritiers autrichiens du royaume des Habsbourg, non seulement il s’attache spécifiquement aux femmes héritières (ou femmes d’héritiers), mais surtout, ce livre est le contraire de ce que nous avons parfois pu étudier à l’école : la France n’est pas au centre.
Alors, Le pouvoir au féminin a cela de passionnant : il propose aux lecteurs une autre entrée dans l’histoire. Cette entrée est riche de multiples sources et pour les amateurs de pages en couleur, des reproductions de tableaux de l’époque aident à mettre des visages sur les portraits physiques et stratégiques des personnages centraux du siècle, décrits alors dans des correspondances proposées en notes de bas de page.
Pédagogique, pragmatique, ce livre est un portrait non exhaustif, comme le précise Élisabeth Badinter en 4e de couverture, celui de la mère de Marie-Antoinette, si peu connue des Français.
Il est un portait en plein et en creux : Marie-Thérèse, son physique, son caractère, ses combats, ses forces et ses doutes ; Marie-Thérèse, ses choix politiques, ses alliances, ses stratégies, ses défaites.
Le pouvoir et la femme sont au centre.


Que comprendre ?
Que le pouvoir et la femme peuvent justement être au centre : le roi peut être une femme.
Que si le pouvoir n’est pas exercé de la même façon, la gouvernance d’un royaume n’en est pas moins assurée.
Effectivement, Marie-Thérèse d’Autriche n’a pas appris à gouverner, sans doute est-ce la raison pour laquelle elle inventera une nouvelle façon de le faire, plus moderne et plus proche de ses sujets. La souveraine, qui détient le talent de se faire aimer, use subtilement de ses dons d’actrice et des clichés de l’époque. Tantôt féminine, tantôt virile, Marie-Thérèse est un « génie de la communication », ainsi sait-elle faire de sa faiblesse une force et de son corps un moyen de communication qui parle à tout le monde.
Moderne à de nombreux égards, Marie-Thérèse d’Autriche n’est pour autant pas féministe, bien loin de là…
Garder en mémoire : « […] il faudrait parler à son propos, des trois corps de la reine. Au corps naturel et mortel de la femme, au corps symbolique et immortel de la souveraine, il faut ajouter le corps maternel qui perpétue la lignée. »
L‘itinéraire : Élisabeth Badinter, Le pouvoir au féminin, Éd. Flammarion, 2016. 368p.
Encore un pas ? Interview d’Élisabeth Badinter dans l’émission L’amuse Bouche, France Inter, 12 novembre 2016.